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dimanche 11 mai 2008

Contre La Montre - La Course de Vérité

Montréal 10h30
Un peu beaucoup énervée, gros déjeuner avalé, j'attends Isabelle - ma grande collègue, amie cycliste et triathlète passionnée - pour se diriger vers Granby, où nous avons une dure mission à effectuer: un contre-la-montre. Au Tour de France, ils appellent ça la course de vérité, la course contre soi.
j'ai ben hâte de voir ça

Montréal 10h45
Les vélos, munis de leurs superbes barres de triatlon, sont bien attachés sur le rack, double vérifié par les mains d'Isabelle. Nous sommes prêtes à partir ! woohoo. Deux filles surexcitée à 11h le matin, l'adrénaline monte tranquillement... ça va être coooool. C'est ma 2e course de vélo à vie, cette fois-ci j'opte pour ce genre de course, une façon de tester ma capacité psychoco et voir si elle tiendra bon jusqu'à la fin. Faut être maso parfois !

Granby 11h50
Enfin arrivées, tout au loin, on aperçoit les minimes et les cadets qui sont en train de sprinter et de pousser fort, les dents serrées, jusqu'à la ligne d'arrivée. Là on peut dire qu'on est vraiment énervées Isabelle et moi.
Évidemment, l'endroit pour s'inscrire est à l'autre bout du monde. En passant, ce règlement bidon de si vous n'avez pas votre license au moment de l'inscription, vous ne pouvez pas courir et aucun cycliste ne sera admis au départ sans license... c'est même pas vrai
- Quelle catégorie ?
- Senior 3
- Votre numéro ?
- 341
- merci, bonne course
eh ben... je pourrais être n'importe qui et ça ne changerait rien...

Granby 12h15
On dîne en vitesse avec nos délicieuses salades-repas bourrées de glucides, quelques biscuits Newton au passage, et hop, sur nos vélos pour un échauffement. Le jeudi de cette semaine, j'ai fait un entraînement de malade sur le circuit, j'ai poussé ben trop fort et en plus, j'étais allée courir le matin... très intelligent. Je suis revenue de là avec les rhomboïdes et les mollets vraiment scrap. À ne pas refaire avant un contre-la-montre !

Le parcours est sur un circuit rectangulaire.
Le premier bout, vent de dos, et ça descend - merveilleux !
virage, 2e bout, vent de côté
virage, 3e bout, vent terrible de face, faux plat montant - paraît que tu veux mourir...
dernier virage, vent de côté, tu serres les dents et tu pousses jusqu'à la fin
le circuit fait 19 km et j'ai l'intention de faire une moyenne de 35-37 km/h ou du moins, un peu sous les 33 minutes.

13h09 - c'est mon départ !
nous sommes trois filles senior 3 dans ma course... pffff come on les filles, faites don du vélo !
je suis la première à partir de ma vague... personne à essayer de rattraper, ça va être dur ça
30 secondes derrière moi, c'est une fille de l'équipe canadienne de triathlon, ouais pas trop de pression...
bip... bip... bip... tooot.

ah ouais c'est parti ! Je fais un départ déchaîné, je pars en bombe furieuse avec déjà les dents serrées. Une fois ma vitesse stabilisée, hop, je prends la position aérodynamique sur les barres et je continue de pousser. Je ne les lâcherai pas de la course, sauf pour changer de vitesse et les virages. Je roule présentement à 45-48km/h, c'est la vitesse que je voulais pour le premier bout du circuit. Lorsque je tomberai le vent de face, pas question d'aller sous les 30km/h !

Premier virage, je tombe dans les champs de patates ou de maïs ou qqch comme ça, pas besoin de dire que je tiens mes barres plus serrées. La vitesse diminue à 37-38km/h. Le vent me pousse comme un bon mais je reste concentrée et focusée sur la route, r'entrer les genoux, les coudes, baisser la tête... Déjà 6 minutes au compteur et la fille de triathlon ne m'a toujours pas rattrapée. Les jambes commencent à brûler mais...
c'est un contre-la-montre, c'est normal !

Deuxième virage, oh shit !
le vent est d'une puissance incroyable, la route est maganée. Je m'allonge un peu sur les barres et baisse encore la tête.
Crime c'est dur ! et là, c'est le faux-plat qui commence. Terrible terrible.
Il y a des bourrasques de vent qui sortent de tous les côtés
Reste concentrée
Ma vitesse est maintenant de 30-31km/h avec les jambes qui brûlent comme ça se peut pas
Et mon hyperventilation est partie pour de bon
Allez allez, c'est dans ta tête.
J'essaie de garder le cap sur mon 30km/h, pour l'instant ça va, mais je suis en grande souffrance. Au loin j'aperçois une côte, pas trop à pic, mais assez pour être déstabilisée. 28-29km/h...
regarde pas ton compteur ! regarde devant toi !

Alors je commence à visualer, je me revois à Cuba, en train de gravir la côte de Coliséo... mais ça ne fonctionne pas vraiment.
Bon, je me vois en train de sprinter sur le circuit à la petite côte ... marche pas non plus
À Westmount, la rue Grosvenor ... bof
Coach Troy apparaît soudainement... mais je suis déjà sur ma big chain ring...
Finalement arrivée au sommet de la côte, je m'attends à une descente...
quoi ?
y'a une autre côte !
arrrggghhh
et j'ai tout donné...
c'est vraiment plate... mais les jambes ne sont plus là.
Mais j'ai la petite voix fonceuse qui m'encourage et me dit de ne pas lâcher
on s'en fout que ça fasse mal, pousse, allez allez... ENVOYE !!! POUUUUUSSE
c'est dur pour tout le monde, le vent y'é dans la face pour tout le monde

Et à ce moment, la fille de triathlon me dépasse, mais elle est complètement finie elle aussi
je la laisse faire, en plus elle me dépasse beaucoup trop près, s'il y avait eu un commissaire, elle aurait du être disqualifiée. bof... tant pis... elle aura eu ma draft quelques secondes.
Arrivées au sommet de la côte, ça descend, enfin !
L'écart entre nous deux ne diminue pas. Par terre, je vois qu'il reste 5km
GO

Troisième virage, il y a pleins de roches par terre, ça me ralenti...
Vent de côté maintenant, c'est toujours aussi difficile, ma vitesse est instable, j'ai de la misère à focuser pcq là je commence vraiment à en arracher. Je suis en train de rattraper la fille de triathlon, elle roule tête baissée et zigzag d'un bord et de l'autre. Je rajoute une dent et je sens que je vais avoir très mal à la mâchoire tantôt, à force de serrer les dents comme ça.
C'est bon, je suis de retour sur mon 35km/h mais je n'ai vraiment plus conscience de ce que je fais. Je garde la tête droite et me concentre sur la route.
r'entre tes coudes, tes genoux... ah oui.

Et là, par terre, c'est inscrit: 2km
j'ouvre la machine, c'est le dernier virage, et j'aurai le vent dans le dos.
Encore une dernière côte à monter, allez allez !
et ensuite quelle descente ! j'apercois le finish tout au loin
je suis sur ma dernière dent en arrière, y'en a pas d'autre
je vois 52km/h sur mon compteur plus viiiiiiiiite
je suis en train de rattraper la fille de triathlon !
c'est super, j'entends toutes ses voix qui m'encouragent, je pense même que je souris car je sais que cette souffrance prendra bientôt fin.

FINISH LINE YESSSSS!
j'entre dans la miniscule zone de "cool-down" et sur mon compteur... quoi ? 32:20 min?
WOW JE SUIS TELLEMENT CONTENTE
Je termine donc avec une moyenne de 35.5km/h, en plein dans le mile!
j'ai de la misère à parler, je suis vraiment vidée, vraiment maganée...

je termine quand même 3e... sur 3 hee hee hee, mais contre des filles qui ont beaucoup plus d'expérience que moi.
Mais là n'était pas mon objectif, j'ai fait un bien meilleur temps que je croyais faire pour une 2e course. Je suis très satisfaite ! Très contente ! Isabelle termine sa course elle aussi, elle s'est améliorée par rapport à l'an passé et toutes les deux, nous sommes pas mal surexcitées, à nouveau.
Girl Spirit !

Encore une fois, j'apprends beaucoup sur moi, je ne pensais pas être si forte mentalement.
J'ai bien géré ma course du début à la fin, c'est ça qui est important.
C'était un test pour le duathlon que je ferai dans 2 semaines. J'espère quand même avoir plus de lapins devant moi par contre... Faire une course toute seule, avec rien devant, c'est vraiment difficile.
Fin de ce récit... une suite bientôt !

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